Le Cloud computing : partie 1 – Présentation

Le cloud computing semble depuis quelques temps devenir le nouvel eldorado de l’informatique. Impossible d’y échapper, on n’entend parler que de ça dans la presse, sur internet mais surtout de la bouche de tous les consultants et autres “experts”… Difficile de s’y retrouver dans le ciel informatique… Brouillard pour certains ou nuage enchanté pour d’autres, nous allons donc essayer d’y voir plus clair.

1. Le cloud computing, c’est quoi ?

Selon Wikipédia : “Le Cloud computing est un concept de déportation sur des serveurs distant des traitements informatiques traditionnellement localisés sur le poste utilisateur.” En clair, c’est demander à un prestataire externe de stocker vos données et/ou traiter ses données,  sur une infrastructure (on parle de milliers de machines) dont vous ne connaissez ni le matériel ni la localisation, et que vous louez .

Les principaux acteurs sont sur l’illustration :

  • Google
  • SalesForce
  • Microsoft
  • Zoho
  • Yahoo
  • Amazon

La bulle représentant Google est plus importante puisque la structure matérielle de Google est la plus importante de la planète. J’y reviendrai.

2. Et ça sert à quoi ?

Principalement à rentabiliser des énormes structures. Il faut savoir que le prix du matériel n’est pas proportionnel à ses capacités ainsi que les coûts de maintenance. Plus la structure sera énorme, plus elle sera rentable à condition d’être utilisée.

Le moyen de l’utiliser, c’est de :

  • Développer son activité
  • Louer les ressources disponibles

C’est ainsi que des sociétés comme Amazon ou Google louent leur infrastructure, pour mieux la rentabiliser. A la base, elle était conçue uniquement pour leurs besoins propres.

Les clients louent des services, aussi bien des machines virtuelles que des bases de données ou des espaces de stockage. La facturation se fait à l’heure pour les machines ou au mégaoctet pour le stockage.

Les services en cloud présentent des caractéristiques uniques telles que :

  • une haute disponibilité des données ;
  • une architecture “scalable”, c’est à dire extensible ;
  • un paiement à l’utilisation seulement.

3. Comment on le met en oeuvre ?

Deux aspects : soit vous décidez de fabriquer votre propre Cloud privé, soit vous décidez d’être utilisateur d’un Cloud public.

3.1 Le Cloud privé

Si vous êtes professionnel et que vous souhaitez partager tous vos serveurs pour n’en faire plus qu’un seul (un cloud), il faudra déterminer les besoins et ainsi cibler les technologies existantes.

  • Pour du stockage, des systèmes tels que ZFS permettent d’exploiter plusieurs volumes.
  • Pour de la virtualisation, Citrix, VMWare ou encore Xen sont les solutions les plus utilisées.
  • Pour de la base de données, cela peut aller du simple MySQL en Cluster jusqu’à Oracle 11G server en passant par à peu près tous les SGBD.
  • Enfin, Il est possible de se “fabriquer” un cloud d’applicatifs comme nous l’avions vu avec la solution Ulteo.

3.2 Le Cloud public

Dans cette optique, vous déplacez les ressources. Vous n’avez plus de serveurs chez vous, mais vous les louez. Soit des serveurs physiques comme chez NormHost avec une connexion, soit des serveurs totalement virtualisés comme avec Amazon Web Service ou Google AppEngine. Chaque fournisseur dispose de divers services que vous pourrez mettre en oeuvre. Attention, ce genre de changement n’est pas anodin et mérite une longue réflexion sur les coûts engagés, les solutions les plus efficaces et les développements à effectuer. Attention aussi à la mise en place si, par exemple, vous devez transférer une base de données de plusieurs Gigas sur un serveur distant.

Les services de Google App Engine et Amazon Web Service seront présentés dans de prochains articles…

A propos Mathieu Passenaud

Passionné de technologies Web, diplômé d'informatique embarquée et actuellement dans le développement d'applications en Cloud Computing.

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7 commentaires

  1. Merci pour cet article qui est à la fois très claire et plain d’informations … franchement chapeau et merci encore une fois

  2. Voilà des remarques de fond intéressante, dont une qui me fait réagir :

    “faut-il à tout prix préserver le modèle du navigateur WEB comme porte d’accès au Cloud? Pourquoi pas une tablette connectée à Internet pointant vers un environnement herbergé (VDI)?”

    Je dirais une chose simple :
    Le web, tout le monde connait, c’est familier et bien rentré dans les moeurs. C’est aussi, et de loin la chose la plus importante, le seul moyen de mettre tout le monde d’accord.
    Le monde UNIX a tenté avec la norme POSIX qui n’a pris que dans le même milieu, Microsoft avec Windows a coupé à la règle et c’est imposé avec son propre modèle. D’ailleurs, cette même société a tenté avec son internet, mais peut être un peu trop tard.

    Le web tel qu’il est aujourd’hui (langages, technologies, serveurs) n’appartient pas à une seule société. Bien évidemment, certaines (Google, Yahoo, Amazon, Microsoft…) sont influents mais les choses se standardisent de plus en plus (HTML5, CSS 3, Javascript etc…) et je pense qu’on tient enfin une technologie “universelle” où seul un navigateur web fait l’affaire. Fini les version de .net ou de Java à mettre à jour en risquant de planter les programmes déjà installés.

    De plus, le web à l’avantage de se décomposer en deux parties :

    – une partie “client” très standardisée (rien n’empêche d’avoir ses propres standards, mais les clients potentiels risquent d’aller voir la concurrence) qui est en fait CSS, HTML, Javascript et éventuellement Flash. Avec les normes, toutes les applications web fonctionnent de la même manière dans les différents navigateurs (j’anticipe un peu… Microsoft a promit 100% des standards respectés avec IE9). Néamoins, les choses sont conçues pour laisser une liberté au niveau de la couche IHM (baladez vous sur le web et regardez le nombre de concepts d’interfaces, de feuilles de style etc..) là où sur des applications lourdes, il faut se limiter au style Windows, GTK ou QT.

    – une partie “serveur” personnelle à chaque société. Même si PHP et J2EE dominent, d’autres technologies existent et cohabitent : Flex, ASP, CGI etc…) qui sont propres à chacun et d’autres peuvent voir le jour à n’importe quel moment sans pour autant semer la pagaille à une condition : que l’interface construite soit faite sur les normes du HTML/CSS/JavaScript.

    Le Cloud n’en est qu’à ses débuts, chacun essaie de grignotter la part du gâteau. Il fait peut être meilleur de nos jours à être développeur d’applications lourdes (on utilisera Windows dans la plupart des cas) et laisser le client de dépatouiller avec ses mises à jours et ses dépendances, qu’être développeur Cloud avec autant de différences que de fournisseurs (sachant qu’aucun ne domine encore réellement le marché) et des technologies à choisir ; le client quant à lui se contentera de son navigateur web habituel.

    Si Google décide de fermer GMail, la cata pour beaucoup d’entre nous (utilisateurs), mais quand Microsoft décide de tout changer dans Windows ou dans Windows Mobile, la cata pour nous aussi (développeurs).

    Comme me le faisait remarquer Pierre Leroy (www.leroy-automation.com), le plus intéressant c’est l’applicatif dans le cloud, pas forcément les données. C’est même plutôt un frein puisqu’on aime bien quand même avoir nos petites données en sécurité sur notre machine. Par contre passer des heures à installer un logiciel et à pourrir sa machine ça ne devrait plus exister, l’application devrait être dans les nuages, avec pourquoi pas une copie en local. Après tout, ce n’est que du HTML, du CSS, du Javascript et quelques images. En bref, un concept d’Android Market des applications Web à télécharger sur sa propre machine (Google s’en occupe).

    Comme je le disais dans l’article sur Chrome OS :
    « Les ordinateurs sont en train de devenir des téléphones, les téléphones deviennent des ordinateurs. »

    Le juste milieu, serait-ce donc une machine connectée, avec toutes les applications que l’on utilise habituellement ? Fort probable.

    Analysez aussi votre comportement sur votre ordinateur : vous l’allumez, éventuellement vous rentrez votre mot de passe et après ? La plupart du temps les premiers clics s’orientent vers Firefox, Chrome ou encore Internet Explorer.

    Pour résumer : le web ça existe, c’est standardisé, tout le monde connait (développeurs utilisateurs), c’est éprouvé donc ça ne sert à rien de refaire des choses si on a déjà tout ce qu’il faut.

  3. Pour ma part, le cloud va enfin être l’opportunité de parler de fonctionnalités et non plus de performances!
    Fini la guerre des OS! Fini la course au PC le plus rapide; les bidouilles d’optimisation sans effets…
    Les tablettes internet sont l’avenir de la station de travail pour un grand nombre d’entre nous.
    Une question néanmoins – faut-il à tout prix préserver le modèle du navigateur WEB comme porte d’accès au Cloud? Pourquoi pas une tablette connectée à Internet pointant vers un environnement herbergé (VDI)?
    Il existe toutefois plusieurs dangers à cette approche:
    * S’il existe N type de services, sur technologies de cloud différentes alors quelle intérêt?
    * Combien devrais-je payer pour utiliser ces services? Fini les longues nuits passée à acquérir une expertise sur un produit si je dois garder un oeil sur le compteurs à €. Si nous ne devenons plus que des utilisateurs partiels ne connaissant que le fragment strictement essentiel à notre usage d’un produit, qui va décider des évolutions de logiciels?
    * Qui pourra interdir demain la fermeture d’un service? Qu’adviendrai-t-il de nous tous si demain google fermait Gmail? Vous imaginez un peu l’impact qu’aurait la perte de nos 7Go d’historiques de mails, de contacts, de rendez-vous, de documents….

    Le cloud ne gagnera en crédibilité auprès de tous que s’il est massivement distribué et multi-technologies et non le socle d’une solution développé par un éditeur sur un plateforme privée. Le cloud se construit encore. Hier il était un concept. Aujourd’hui, il est une réalité.
    Un cloud est peut-etre énorme; Il offre des solutions massivement performantes et redondantes et mondialement accessible mais un cloud n’est pas un concept universel. Qui s’intéressera à interconnecter les clouds?

  4. les applications existent déjà, mais elles peinent à se démocratiser. Ce sont les Picnic, Picasa, Google Docs, Acrobat ou Office 2010 live. Un concept qui peine à séduire en dehors et dans les entreprises.
    Se dire que l’on confie ses données à un organisme extérieur à du mal à passer, mais même si cette pratique était rentrée dans les moeurs la technologie ne suit pas. Pourquoi ? Même si les connexions internet évoluent vite (dégroupage, fibre), les débits restent beaucoup trop faibles pour se permettre de faire tout ce que l’on fait actuellement dans un environnement Cloud.

    De plus, le Cloud en est à ses débuts et la quantité de données stockée chez les fournisseurs est relativement faible par rapport à la masse de stockage des particuliers. Un ordinateur portable avec 500 ou 750 Go de stockage, ça n’étonne plus. Il faut donc imaginer le volume de données que représente tous les ordinateurs en service.

    Nos ordinateurs sont en train d’évoluer de plus en plus, orientés web, des tablettes tactiles, des systèmes d’exploitation plus léger et surtout une évolution impressionnante des navigateurs depuis 3 ans qui se poursuit encore aujourd’hui.

    Le projet Ulteo, qui me parait intéressant, est aussi révélateur (et peut être accélérateur) du portage du monde informatique actuel dans le cloud. Le fait de pouvoir partager des applications et un bureau dans un navigateur web permettra une transition plus douce.

    Google a aussi pris un peu d’avance en annonçant la sortie de Chrome OS qui est révélateur du but recherché par les sociétés : le cloud.
    http://dev2.synergeek.fr/2009/11/google-chrome-os-petit-bilan-de-la-presentation/

    A noter enfin le HTML5 qui commence à voir le jour et qui peut lui aussi faire basculer un peu les choses. La 3D va être gérée nativement dans le navigateur web. Je vous invite à refaire un petit tour dans les expériences de Google Chrome https://www.synergeek.fr/2009/08/chrome-experiments/.

    @Martial : le stockage est une des choses parmi les plus faciles à gérer dans le Cloud, puisque le modèle actuel est facile à reproduire : des plus gros disques durs, des partages réseau, des navigateurs de fichiers et des applications légères de synchronisation. Rien de très nouveau en fait.
    Cependant, le modèle des applications prend un tournant, d’où l’évolution des technologies web. Le modèle d’applications lourdes que l’on connait aujourd’hui doit être revu de fond en comble pour être déployé sur le cloud. L’application web semble un bon modèle, mais les piètres performances des navigateurs ont été un frein. Google a mis un pavé dans la marre avec Chrome, et peut être bien avec le Google Web Toolkit (https://www.synergeek.fr/2009/09/google-web-toolkit-notice/)

    Une suite d’articles va arriver sur les différents services Cloud Computing (Nicolas ??? :-)) et elle vous aidera à comprendre les différentes offres mises en place par les principaux acteurs du secteur.

    http://www.01net.com/editorial/517425/passer-au-cloud-pour-gagner-en-competitivite/

  5. Du coté de l’utilisateur, la simple question n’est pas celle de la rentabilité, mais celle de la capacité à accéder à son environnement. Qui n’a pas rêvé de se connecter à son Pc depuis un autre lieu ? Et pourquoi pas à sa liste de MP3 depuis son mobile aussi facilement que depuis le Pc de sa maisonnette.
    C’est exactement le cas des dropBox, Skydrive de Live ou encore Wouala. On est donc déjà dans le cloud mais pour le moment on se partage que des fichiers. Les applications viendront donc rapidement. Le cas par exemple d’office 2010 intégré à Live. Plus besoin d’installer et donc d’acheter Office pour la maison puisque c’est accessible depuis un compte live.
    Alors que reste-t-il dans le PC de la maisonnette ?
    Et bien plus grand chose si ce n’est les vieux programmes que l’on aime bien; Le bon vieux jeu de course ou encore le programme de dessin que l’on connait sur le bout des doigts. Mais leurs durées de vie sont irrémédiablement limitées à la vie … du vieux Pc.
    On va donc tout droit à l’utilisation on-line des applications; On aura alors le choix du style et de l’environnement, sans tenir compte de l’OS à proprement parlé. Ce sera la fin du clivage Linux, Microsoft Windows et Apple OS par exemple. Car pourquoi ne pas avoir l’application Iphoto en ligne ou encore l’agrégat de RSS FlipReader ? Pourquoi ne pas choisir Photoshop ? Le but et de le retrouver d’où je me connecte dans « mon » environnement que je me suis concocté.
    Le prix de cela ? Et bien un environnement basique sera gratuit. Gratuit mais avec un coût d’abonnement à internet. Il faut passer par un fournisseur. On aura probablement un abonnement au Cloud comme on a aujourd’hui les sms illimités. Ce sera alors à coup de bouquet payant que l’on s’achètera les programmes que l’on voudra utiliser. Un peu comme Android le fait avec son « Market » dans lequel on se sert gratuitement ou en payant dans versions plus élaborées. Les gros groupes ont donc à s’y retrouver mais l’informatique sera comme la téléphonie. Elle sera accessible à coup de « packs » avec mail illimités par exemple et l’utilisation d’un browser avec un forfait 1Gbits.
    C’est la fin de la bidouille et le début de « l’ordinateur télévisuel ». ;-(

  6. Merci Olivier,

    Cet article est en fait le premier d’une longue série qui va présenter quelques unes des technologies, Eucalyptus sera bien de la partie.

  7. Ta faculté a rédigé des documents d’une clarté limpide sur des sujets complexes m’étonnera toujours!

    Je ne veux pas me lancer dans une longue énumération de technologies liées au Cloud.
    J’aimerai néanmoins cité:

    * glusterfs pour un cloud de stockage

    http://dev2.synergeek.fr/2010/08/le-cloud-computing-partie-1-presentation/
    http://www.gluster.org/

    * eucalyptus pour un cloud privé

    http://open.eucalyptus.com/

    Cette technologie a d’ailleurs été mentionnée par Gaël DUVAL de Ulteo dans le cadre d’une interview qui sera prochainement publiée sur ce blog.

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