Google est-il en train de changer de secteur ?

J’ai longtemps hésité à classer cet article en coup de gueule ou en compassion mais après analyse ça sera un gros coup de gueule.

Le métier de base

A la fin des années 90, Google s’est fait connaitre pour son moteur de recherche exceptionnel et dépouillé visuellement. Rapidement, Google s’est imposé sur le web avec des produits révolutionnaires, exceptionnels et parfois déroutants (GMail, GMaps, Google Docs, Agenda) et une société qui n’a jamais manqué d’imagination ainsi que de moyens pour le web.

Google Chrome : une des stars

C’est pourtant un produit relativement jeune mais qui évolue à une vitesse hallucinante (trop vite ?) avec des numéros de versions qui s’enchaînent.
Google se retrouve numéro 2 des navigateurs web derrière Opéra sur les numéros de versions 🙂
Le navigateur est une des preuves des orientations de Google : accélérer le web, le développement de HTML5, écarter Microsoft définitivement de ce créneau (avec IE6 et 7 qui ne respectent pas les standards du web et qui posent beaucoup de problèmes sur le net) et proposer un renouveau sur les navigateurs en proposant une seule chose : la rapidité d’exécution pour des applications web de plus en plus lourdes et complexes.
C’est le produit phare de Google qui évolue le plus rapidement.

Android : le coup de maître

Qui aurait pu croire ça ? Google n’a pourtant pas été écrasé par Apple, qui est pourtant arrivé après eux. La puissance de Google s’est confirmée, le mode de distribution est inédit et les résultats sont là : surprenants.
L’impression est que Google se serait presque fait dépasser par le succès retentissant d’Android. L’arrivée des tablettes tactiles concurrentes de l’Ipad a aussi fait pression sur Android.
Apple a intégré un système mobile sur la tablette (iOS), les autres suivent, imitent et donc intègrent Android malgré les recommandations de Google : attendre Chrome OS. Sous le coup de pression, Android 3.0 pour les tablettes a été présenté et déjà intégré sur plusieurs tablettes.

 

Chrome OS : le mort né

C’est beau, c’est rapide, il y a de l’idée mais… le web ne fait pas encore tout, la connectivité n’est pas encore sur 100% du territoire.
Ce produit arrive-t-il trop tôt ? ou est-il finalement trop simple et trop dépouillé pour être utilisé ?
Je suis très sceptique sur ce produit. Même s’il échoue, il aura permit des évolutions significatives sur le navigateur Chrome et sur Linux.

Google wave : le coup dans l’eau

Une des fois où Google s’est montré arrogant lors du Google I/O 2009 avec un produit impressionnant mais tellement complexe et nouveau qu’il en était difficilement utilisable. Des très bonnes idées, une interface très (trop) minimaliste et surtout un manque d’interaction avec l’existant. Pour une plateforme qui se veut remplaçante des mails, ne pas avoir la possibilité d’envoyer ou de recevoir des mails parait absurde.
Comme beaucoup d’expérimentations, Wave a servit sur d’autres point en recherche fondamentale dont Google Docs a bien profité. D’ailleurs, Google Docs a évolué mais très loin de ce que Google nous a habitué et encore à des années lumières d’Office ou Open Office.

Tout est bon pour faire de la recherche : la Google TV

La Google TV, un produit qui divise : coté utilisateur quelque chose de révolutionnaire, mais question consommation de bande passante il en est tout autre.
Encore un moyen pour Google d’intégrer la recherche et donc de la publicité. Seulement, encore une dispersion de plus, il s’agit là d’un système d’exploitation (basé sur Android).
Echec pour Google ? Toujours le gros souci des copyright et des contenus. 2011 nous le dira.

Toujours pas Google dans le domaine du web social

Facebook grossit de jour en jour, Twitter également. Les “géants” de l’informatique, complètement dépassés, tentent comme ils peuvent (Microsoft avec Live, Google avec Orkut et Buzz, Apple avec Ping…) mais rien n’y fait. Difficile de se remettre en question, de créer quelque chose de nouveau qui ne ressemble pas à l’existant.
Quid de Google Me qui devait être lancé en grande pompe en 2010 ?

 

Une crise interne ?

Dernièrement, Google a annoncé des chiffres trimestriels toujours plus importants et vertigineux ; mais aussi un changement de taille : le départ d’Eric Schmitt de la direction. Le co-fondateur Larry Page reprend le flambeau. Sergey Brin continue quant à lui l’innovation technique.

Est-ce un signe d’un nouveau départ et de renouveau ?

La société va-t-elle retrouver son ambiance de startup ?

Mais au final…

Je scrute toujours le laboratoire, les blogs et le compte Twitter de Google. Beaucoup de choses sur Android, une nouvelle version de Google Earth, mais rien de frappant coté web. Certes, quelques innovations ont fait leur apparition en 2010 (recherche instantanée, nouvelle version du moteur de recherche, nouvelle version de GWT, évolution de Google Docs) mais depuis quelques mois, le ralentissement est très clair.
Le body browser est joli, mais encore à des années lumières du pouvoir d’innovation de Google.
Le DataWiki ressemble beaucoup “à un projet de stagiaire”, si vous connaissez App Engine et le datastore vous découvrirez la simplicité de ce produit et le peu d’intérêt qu’il avance.

  • Android est certes un énorme succès, mais était-il nécessaire de développer à coté un autre système d’exploitation ?
  • Google changerait-il de cap en partant vers des marchés plutôt que vers l’innovation ?
  • Faire des logiciels ne relève pas du tout des mêmes compétences que développer des applications web, que sont devenus les anciens développeurs ?
  • Ou Google nous préparerait des choses novatrices, inconnues, et révolutionnaires pour le Google I/O 2011 ?

A propos Mathieu Passenaud

Passionné de technologies Web, diplômé d'informatique embarquée et actuellement dans le développement d'applications en Cloud Computing.

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5 commentaires

  1. La géolocalisation, une demande des utilisateurs, ce la m’étonnerait…
    Concernant l’émission j’en ai vu un bout.. concernant les affaires avec Facebook, je suis d’accord avec toi sur une partie, les gens cliquent souvent sans réfléchir sur les boutons “accepter” par contre les affaires sur la récupération des données personnelles “des amis” et déjà beaucoup moins normal

  2. Je suis tout à fait d’accord avec toi Nicolas, il en est de même pour Facebook avec places qui est du même style voire plus dangereux.
    D’ailleurs, un reportage assez intéressant a été diffusé hier (06/02) dans Capital sur Facebook et la pub.
    Les éditeurs d’applications ont accès aux données personnels des utilisateurs d’applications et aussi à celles de leurs amis.

    Cependant, la géolocalisation est tout de même une demande des uns et des autres. Il serait étonnant de voir Google ou Facebook sortir des produits comme ça s’il n’ont aucune utilité.
    Dans les affaires de vie privée sur le net, je pense que les utilisateurs sont autant responsables que les éditeurs.
    On jette la pierre à Facebook qui revend, ou du moins qui utilise, les données personnelles à des fins publicitaires. Seulement, ces données n’ont pas été volées. Les utilisateurs ont rempli les champs de leur plein grès et pour la plupart, sans lire les conditions d’utilisation.

  3. Je rajouterais aussi le projet latitude/android qui me parait très tendance et dangereux pour la vie privée. Ce sujet mériterait un article à part entière.. Qu’en dis-tu mathieu ?

  4. Bonjour,

    Des sources à proposer ?

    Dernièrement j’ai lu la censure de megaupload et bittorrent de Google Suggest en France.
    Testé et vérifié

  5. Vous oubliez de parler de la censure des résultats de recherche sous google.

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